L’Expérience Statistique – FIAC/OFFICIELLE 2015

L’Éxpérience Statistique est un concept performatif présenté publiquement par Miracle

Statistical Experience is a performative concept publicly presented by Miracle

FIAC/OFFICIELLE/Programme EN_SCENE des Beaux Arts de Paris.

20+24+25 octobre 2015 à la Cité de la Mode et du Design

Benjamin Efrati, Balazs Turai et Diego Verastegui.

+Mine Zoo et Flora Buda.

Il s’agit d’un phénomène subjectif, qui concerne la perception de manière générale et de manière très particulière l’approche intime de l’art.

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“Statistical Experience” is the term coined by Benjamin Efrati to explain the existence of strong stereotypes in art. It concerns the experience of the public, exposed to series and sets of works which gradually evolve in time; and it concerns the experience of the artists, whose production is necessarily rooted in observation of the works surrounding them.

Although no subtitled version is yet scheduled, a very rough translation of the text has been added at the bottom of this page.

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Merci à Kathy Alliou, Charles Garin, Delphine David, l’équipe de Reed Expo, le personnel de la Cité de la Mode et du Design et à tous les spectateurs ayant pris plus d’une seconde de leur temps pour entrer dans l’expérience statistique.

 

Crédits photo: Marc Domage & Eric Belleville

 

 

 

 

L’expérience nous dit: les choses sont fixes. la physique quantique nous dit le contraire.

place des probabilités dans la physique quantique

qu’est-ce que l’expérience statistique?

expérience intérieure,

expérience esthétique,

mythe du fantôme dans la machine,

modèle physicaliste // tête de perso qui explose

expérience statistique

liste:

droite: galerie des styles

échafaudages (manifold scaffold) Robert Ménard (2013)  // art conceptuel = derrière les coulisses / zoom back

tee shirt , (sans titre) Anna Frankenstein, 2010 // con-art = prendre du démodé pour le recycler

tableau art brut visage (ma mère) Balazs Turai, 2015// con-art et art brut

mitraillette (fin de siècle) Edouard Richelieu, 2005// art politique et exploitation de la puissance symbolique

galeriste en attente (l’artiste au travail)  Francis Jambon, 2015 // performance, commissariat et déresponsabilisation de l’art

galerie des critères

dégradé avec cadavre (vidéo chiante #55), Conceptual Mike, 2016 // ambiguité, art polysémique par défaut, fausse finesse

meuf avec les seins (grace porcine), Fatoumata Dialo, 2007 // critères esthétiques, moraux, politiques, représentations

paysage dans écran tv (mort nature) Bruce Oldboy, 2002 //  critère de légitimité, ce qui est institutionnalisé, réaction face à ca

gauche: galerie des poncifs

-fenetre urgence (objet), Luc Bateau, 1975 // ready made et déterritorialisation

-bocal balayette plante (bouquet), Andy Gandy, 2011 // libre agencement et vessie/lanterne discours

-vieille personne (Comtesse de Mécouilles) 1932 // spectateur émancipé? alterité et expérience esthétique ? effacer la vieille personne/remplacer par quelque chose de vendable

-rayures (variation numéro 932), Amédée, 2014// motifs rythmique improbable, originalité et variation

-couteau marteau ( l’éternel retour ) , Pablo Pikatchu, 2013 //  le romantisme aujourd’hui, de l’art pour l’art à l’art inutile; critique facile (dans ce cas) de la marchandisation, par le défaut de fonction (ou le contresens fonctionnel):

-structure geometrique petite maison (design architectural ), Karlos Santana, 2014// improbabilité et pseudo-poésie

-socle blanc avec merde noire (merde noire 1) Serge Numero Uno, 2010 // le contexte est son propre langage, art et non-art, critère

-table noire avec vase noir dessus (merde noire 2) Serge Numero Uno, 1979// l’art et le luxe, l’art et pourquoi en vouloir

-giraffe dor (Osmose le giraffe), Emilie Perv, 2015 : l’art et la valeur, l’art valorisé par ses matériaux, peinture phospho

2 fenêtres windows – 

=>dechiffrage de la frise du  haut

transposition allégorique de la valeur esthétique mise en scène: prostituée par les peintres, violée par les avant-gardes, tuée par les surréalistes qui ont diffusé l’idéologie psychanalytique et ont uni l’art contemporain et la propagande

1-resent u alize

les hommes du resentiment

2-conceptualize

copier

3-…

raison d’être de la performance / notre présence ici

académisme de formes non-orthodoxes, styles absurdes:

célébration du consumérisme, le mauvais goût comme raffinement

commodité et tendance , rationnalisation (subjective) de la mode

mode et aliénation

marketing logos du monde

réceptivité à un stimulus vs capacité de jugement

plusieursgénérations adaptées aux codes de la publicité massive

qu’est-ce que l’expérience statistique?

quatre applications du concept:

-pour décrire l’expérience de l’art du point de vue du spectateur

-pour caractériser le ressort de la “créativité”

-pour fonder une doctrine de l’art qui se passe de l’originalité

-pour déterminer un axe de critique subjectif (habitude, séries, adaptativité et schémas = objectivité n’existe pas)

3 conclusion / lecture de texte – plant wave

darwin et l’art: la régulation des marchés

darwin et l’art: classification des espèces d’art // vie des oeuvres

darwin et l’art: le design d’une oeuvre

dawin et l’art: la fitness d’une oeuvre

augmenter le degré de zoom back pour intellectualiser de l’art

nan mais tu vois dans l’art tout est statistique, ya qu’a se baisser pour les cueillir c’est fou je te jure, tiens par exemple 9  appels à projets sur 10 sont pipés, et il n’y a que 3 artistes sur 10 qui en parlent volontiers. sur ces trois artistes, 33% sont concernés par leur propre réputation et préfèrent garder leur identité secrète. Des 67% restants, 100% affirment par la suite penser que la publication de leur nom dans une revue statistique est un bon moyen pour eux de communiquer sur leur travail.

La corruption c’est partout et c’est tout le temps.

l’humanité actuelle se définit dans un premier temps comme la somme des dispositifs d’aliénation mis en place par les administrations au pouvoir dans nos sociétés et dans un second temps par les êtres humains singuliers qui y habitent –

Si on prenait la peine de redéfinir notre lexique moral, celui là même avec lequel on appréhende la réalité du travail au quotidien, on se rendrait vite compte de l’état de gangrène intense, du cancer généralisé qui caractérise notre époque.

Notre époque, plutôt qu’une autre: le neuromarketing est le symptome parfait de la tendance à prédire les variables dans le cas de la vente d’un produit. Mais bien avant le neuromarketing, le milieu de l’art nous montrait depuis les années 1910 que les attentes des acheteurs peuvent être non seulement prédites, mais dictées.

L’art en tant qu’art est initialement un marché, qui a su se spécialiser en plusieurs types d’application.
L’art contemporain est un magnifique exemple de la parfaite hypocrisie nécessaire à l’exercice du pouvoir comme on le connaît actuellement. La puissance d’action a été reléguée au second plan, derrière l’effectuation de tâches administrativement compartimentées,

Cet état de compartimentation maladive est devenu une définition tout à fait intuitive de ce qu’on appelle encore, anachroniquement, démocratie.

Parmi les outils de domination les plus puissants, on trouve évidemment la science statistique, héritée d’une modélisation économique de la sociologie. La sociologie, elle aussi, une bonne méthode pour contrôler les êtres humains.

Non seulement les possibles de l’art sont étiquetés au point de ne plus posséder aucune vie propre; mais il s’en faut de peu pour que l’intégralité des professionnels de l’art basent leurs décisions sur l’opinion d’autrui. 79% des galeries intérrogés lors d’une étude réalisée par le centre pompidou ont répondu oui à la question “si une oeuvre inconnue vous est présentée, attendez-vous de connaître la cote de l’artiste avant de l’évaluer à des prix normaux?”

Bien pis, 92% des candidats au sondage se sont portés favorables à l’idée qu’ils sont personnellement incapables de faire connaître une oeuvre inconnue. Vendre une oeuvre inconnue, dont on ne sait rien, à un prix aléatoire, selon les participants à cette étude, virtuellement impossible.

Malgré la démonstration de Duchamp, qui a attiré l’attention du public sur la certitude statistique qu’un urinoir serait vendu avec pluvalu s’il était présenté dans une galerie, le marché de l’art reste primitif, archaïque, ne cherche absolument pas à prendre en compte la réalité de la perception humaine avec laquelle elle entre en relation.

Cet état de fait, cette dominance démagogue de l’art actuel, se base sur une vision statistique de l’originalité, non pas au sens d’une observation scientifique des oeuvres permettant d’expliquer leur nature et de fait leur valeur, mais au sens d’uneexpérience vague, subjective et nécessaire à la survie même des êtres vivants. Ainsi une espèce animale disparaît si elle ne prend pas en compte ses prédateurs – ou si elle n’est pas apte à survivre dans un environnement donné. L’oeuvre d’art est similaire à l’animal en ce qu’elle disparaîtra bien plus probablement si elle n’est pas au goût du jour. Elle diffère de l’animal en ce que, malgré sa mauvaise facture, elle est capable de survie, par l’action artificielle du marché qui d’une certaine manière pointe vers la valeur esthético-économique d’une oeuvre, se réclamant du capital symbolique légitimant cet acte de décision. 83% des artistes interrogés par le CERN  en 2013 ont admis qu’ils s’étaient lancé dans le milieu de l’art par orgueil et pour être vu selon cette apparence.

L’étude concerne plus généralement le rapport des artistes à la physique quantique, mais la dernière question était:

“quelle a été la raison principale de votre orientation professionnelle?

a-l’art est avant tout une passion

b-l’art est un moyen comme un autre de subvenir à ses besoins

c-l’art est une bonne manière de briller en société

Etre artiste, pour le sens commun, c’est avant tout être original. L’originalité, mythe pré-romantique patiemment maintenu dans un coma maléable par les acteurs principaux des industries culturelles. L’originalité, poncif employé par des idéalistes à la petite semaine afin de justifier leurs effets d’annonce dépersonnalisés.

Ce fantôme de doctrine permet aux investisseurs de l’art de ressentir une maigre satisfaction leur permettant de réaliser un quelconque choix dans les différentes méthodes de défiscalisation récupératoire qui leurs sont offertes.

Pas d’art sans investisseur : sans investisseurs, pas d’argent gratuit, et par conséquent pas de gestes sans fonction.

L’originalité, à l’époque où la production de data est pour ainsi dire gratuite et omniprésente, n’est plus même un poncif, c’est un concept phatique pur: c’est une caractéristique évoquée lorsqu’aucun argument rationnel ou pragmatique n’est propre à assurer la défense d’une explication d’oeuvre. Une oeuvre sans explication n’existe pas, et il n’est pas rare que l’explication ne contienne qu’une formulation emphatique des données objectives de l’oeuvre sans offrir d’interprétation. Ce que l’art effectue, par conséquent, c’est le renouvellement des méthodes de persuasion dans la vente; ce que l’art requiert, c’est l’apparition d’une donnée inexplicable, et son fétichisme.

Seulement 2% des artistes actifs recensés par l’INSEE déclarent n’avoir aucun soutien, de la part des institutions culturelles ou dans le milieu des média. 10% de ces 2% seulement admettent que leur déclaration préalable était factice, grâce à la méthodologie établie par l’école de Ann Harbour, University of Michigan.

De la même manière, 74¨% des titres d’exposition collectives évoquent l’abstraction tout en présentant des pièces figuratives. On se rend bien compte aussi avec le taux de réussite moyen des artistes dans leurs démarches entreprises, qui est de 17% seulement, contre 89% de projets qui sont en réalité des invitations.
Pour certains, le monde de l’art est injuste: 55% des professionnels de l’art qui ne sont pas artistes pensent que le marché est saturé de tentatives ne méritant pas le nom d’oeuvres d’art, et sur ces 55%, on sera étonné de voir que seulement 14% attribuent cet état de fait à une mauvaise gestion de l’argent de la part des institutions publiques ou privées.

549000, c’est le nombre d’expositions d’art contemporain ayant eu lieu l’an dernier recensées par l’observatoire du MOMA de New York., et sur cet échantillon seulement 23982 impliquaient des artistes français, on peut donc décemment conclure que les français ne sont pas bienvenus dans la réalité globalisée de l’art actuellement.

alors la valeur se ballade, elle est là.. “je fluctue”! et les futuristes la loupent pas, ils disent, ah ouais tu fluctues? bam, qu’ils te lui passent une barre de metal entre les jambes et qu’ils forcent malgré les sous-vêtements. La pauvre chose n’a pas le temps de se réveiller et c’est dada qui lui explose les dents à grand coups de sablier.

Puis les surréalistes qui s’asseoient dessus pour pas qu’elle puisse trop bouger et qui la décalottent, pour manger son cerveau avec des petites cuillers, et quand il y a de la place ils commencent y pas à se moucher dans le crâne de l’autre, avec des pailles.

le temps que dubuffet s’y colle, elle sent déjà pas bon, mais le temps qu’il appelle les journalistes et qu’il dise qu’il vient de la retrouver en 1945 comme par hasard c’est vraiment pas joli tout ca.